dimanche 28 mai 2017

Dimanche poétique 303: Amalita Hess



La mémoire effacée

Au soir chancelant de décembre
tu as revêtu l'habit de la dernière halte
et ton coeur,
plus vastes que nos lendemains
a quitté son histoire;

à l'instant lumineux
où tu es entré dans la grande jubilation de Dieu,
là-haut,
le ciel attendri
a lâché sur nous
ses plus beaux chants d'or et d'argent.

Amalita Hess (1936- ), Des étoiles sous tes semelles, Fribourg, Editions du Cassetin, 1994.


samedi 27 mai 2017

Hélène Dormond, la revanche d'un plus lourd que l'air

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Le site de l'auteure, celui de l'éditeur.

L'affirmation de soi, voilà un vaste programme! Il y a en tout cas suffisamment de matière pour en faire un roman. La romancière suisse Hélène Dormond s'y est mise, et cela donne "L'Envol du bourdon". Fondé sur un important bagage psychologique, tempéré par un zeste rafraîchissant d'humour, son deuxième roman revisite certains codes de la chick lit en les déclinant au masculin: c'est ce qu'elle appelle la "Coq Litt".

Rédigé à la première personne du singulier, "L'Envol du bourdon" invite le lecteur à se mettre dans la peau de Marcel Tribolet, un bonhomme qui a si peu confiance en lui qu'il finit par en avoir des aigreurs d'estomac. Sur les conseils de Géraldine Meizoz, la psychologue, qui lui diagnostique un "déficit asservir assorti de troubles anxieux" (ça claque, non?), il va se reprendre en main. Et ça va faire des miracles, malgré quelques aimables maladresses. L'humanité du personnage central apparaît avec évidence, et on finit par le trouver attachant même si, parfois, on a envie de lui secouer les puces.

Derrière Marcel Tribolet, cherchez la femme! L'auteure campe plusieurs portraits féminins bien réussis, pleins de caractère, qu'on adorera parfois détester, à l'instar de la concierge, Mme Bally, qui paraît avoir avalé le "Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens" de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois afin de s'en servir à son seul bénéfice. On fera aussi la connaissance de Brigitte, l'épouse de Marcel, adepte du feng shui jusque chez elle (et chez lui), dont l'action n'est pas toujours désintéressée, puis de Sofia et Amandine, qui fonctionnent comme de puissants catalyseurs de l'évolution de Marcel côté sentiments, entre amour physique vécu à cent à l'heure et promesse d'un renouveau sentimental profond.

En mettant en scène un personnage qui peine à s'affirmer en certaines circonstances, l'écrivaine vaudoise donne quelques coups de canif dans le stéréotype du personnage de roman de sexe masculin, viril et fort en toutes circonstances. Cela, dans le contexte d'un monde moderne complexe et fascinant dont elle souligne les travers et les colifichets avec amusement. Avec Marcel Tribolet, on se retrouve donc dans un cours d'éveil du clown intérieur, dans une leçon de tantrisme, à un blind date pratiqué dans le noir, voire sur une scène de théâtre. Ou à regarder des séries à la télévision, une tranche de pizza à la main.

L'auteure recourt volontiers au procédé de la chute ou de la réplique qui tue pour provoquer le sourire du lecteur. Et les errements de Marcel Tribolet à travers les gadgets de notre temps, s'ils sont caricaturaux, lui apportent à chaque fois un supplément d'expérience et d'interaction avec les autres: d'ailleurs, "Tribolet", patronyme considéré comme en voie de disparition, est, selon l'écrivaine, un nom inspiré de la "tribologie", science qui, selon Wikipedia (et l'écrivaine, qui cite l'encyclopédie en ligne sans en rien changer), étudie les phénomènes susceptibles de se produire entre deux systèmes matériels en contact, immobiles ou animés de mouvements relatifs. Peut-on parler de tribologie appliquée aux humains, du coup?

Enfin, force est de relever que la figure de Marcel Tribolet, avec ses doutes et ses progrès, s'inscrit dans le cadre plus large de la crise de la quarantaine, qui oblige le personnage principal à se réinventer. Le fait que Marcel change de vélo, par exemple, s'avère symboliquement fort: jeter son vieux clou, c'est tirer un trait sur le passé. De même, il lui faudra faire avec un nouvel emploi au terme de turbulences dans l'entreprise, et avec une nouvelle compagne. Ces sujets peuvent être graves; en donnant des amis et des collègues masculins à Marcel Tribolet, là encore, l'écrivaine leur apporte un peu de légèreté. Et ne manque pas de dépeindre avec une belle vigueur les conversations des mecs entre eux.

Le lecteur intéressé ne se fiera pas à la couverture trop sérieuse, pour ne pas dire rebutante, choisie pour "L'Envol du bourdon"! Qu'il aille directement au contenu, qu'il découvre ce personnage qui, tel le bourdon, parvient à s'envoler même s'il est plus lourd que l'air: avec ce nouvel opus, Hélène Dormond signe un deuxième roman profondément humain et actuel, mais aussi pétillant, souriant et attachant, porté par une plume alerte.

Hélène Dormond, L'Envol du bourdon, Vevey, Hélice Hélas, 2017, postface de Pierre Yves Lador.

vendredi 26 mai 2017

Peter Auer et Bernard Gazier, un chemin de la sécurité de l'emploi vers la flexicurité

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Alors qu'Emmanuel Macron, nouveau Président de la République française, s'apprête à refondre le droit français du travail, il est utile de se plonger dans "L'introuvable sécurité de l'emploi". Signé Peter Auer et Bernard Gazier, cet essai représente un état des lieux d'un monde du travail en pleine mutation, qui a de quoi alimenter les réflexions en matière de travail plus de dix ans après sa parution – même si, depuis, les crises des subprimes et de la dette souveraine sont passées par là. Sans compter le virage numérique...


Après le rappel de l'évolution du marché du travail dans les nations avancées, marquée entre autres par la concurrence, les délocalisations, la précarité et le chômage, les auteurs exposent le modèle du "triangle d'or" de la flexicurité, à la recherche d'un équilibre entre la protection sociale, le droit du travail et du licenciement et les politiques actives de l'emploi. Cela, en rappelant que le modèle qui veut qu'un travailleur fasse toute sa carrière dans une seule entreprise qui le forme sur le tas a vécu: le monde du travail s'est complexifié avec les enjeux liés aux seniors (fins de carrière), aux femmes (ce qui introduit la question des inégalités) et à un personnel de plus en plus qualifié, qui talonne et fragilise les actifs de plus longue date. Cela, sans omettre les questions de précarité de l'emploi.

Les auteurs évoquent de manière critique le schéma de Gøsta Esping-Andersen pour distinguer trois modèles d'État-providence, dont les services sont fondés soit sur l'impôt, soit sur des cotisations, dégageant le modèle nordique/scandinave, le modèle anglo-saxon et le modèle méditerranéen/latin. Ils le complètent avec une analyse de la situation du marché du travail effectuée par l'OCDE: législation protectrice de l'emploi, contrats, délais de préavis, indemnités, les indicateurs sont nombreux pour dessiner des tendances. 

Sur cette base, l'analyse porte sur la situation au Danemark (un pays caractérisé par un tissu économique où dominent les petites et moyennes entreprises), mais aussi, de façon descriptive, sur l'Autriche, vue comme un pays peu profilé en matière d'emploi et de flexicurité, mais qui réserve quelques idées typiques, par exemple un système proche du modèle américain du lay off and recall, où une entreprise qui licencie des collaborateurs parce qu'elle n'a momentanément plus de travail pour eux va être tenu de les rappeler si le carnet de commandes se remplit à nouveau. 

Et pour illustrer la situation actuelle, les auteurs utilisent un exemple historique pour le moins original et attrayant: celui du génie musical Wolfgang Amadeus Mozart, vu comme un compositeur auquel son père Léopold, animé des meilleures intentions, voulait à tout prix trouver un poste fixe à vie (charge de musicien auprès d'un noble, un modèle en fin de vie à l'époque, et pour lequel Mozart n'était pas taillé), alors que le compositeur préférait travailler sur commande (le modèle de la génération de musiciens suivante). À partir de là, ils tracent un parallèle entre le monde actuel, à la croisée des chemins entre la fin du modèle de l'emploi à vie et l'avènement d'un système plus mobile, où l'un des enjeux consiste à accompagner l'actif tout au long de sa carrière: formation continue, soutien entre deux emplois, etc.

L'une des sagesses de ce livre est d'aborder un nombre important de cas internationaux plutôt que de se concentrer immédiatement sur la France. Ce qui le rend intéressant même pour des lecteurs non français! Cela dit, la quatrième partie se recentre sur l'Hexagone pour dessiner ce que pourrait être une mobilité protégée à la française: "Rencontrer l'Arlésienne?", interrogent-ils. Historique détaillé en mode mineur, rappel de plans sociaux manqués ou réussis en fonction des personnels ayant retrouvé ou non du travail après un licenciement collectif, cas des intermittents du spectacle qui pourrait inspirer d'autres voies: c'est là que les auteurs développent des pistes pour négocier la transition du modèle ancien de l'entreprise facteur d'intégration sociale par le travail à vie vers la nécessité de vivre au mieux avec un monde du travail plus souple. Cela, en faisant en sorte que les actifs ne soient pas les seuls à faire des efforts, et que l'emploi demeure décent (questions du temps partiel, des working poors). Novatrices ou provocatrices, ces pistes explorent ce qui se fait ailleurs ou prolongent ce qui existe déjà en France. Formation continue, question des 35 heures ou des accords de branche, rôle des syndicats dans le dialogue social, modalités d'intervention de l'État: les auteurs n'oublient rien. Et offrent ainsi, sur un peu moins de deux cents pages, des éléments de réflexion utiles.

Peter Auer, Bernard Gazier, L'introuvable sécurité de l'emploi, Paris, Flammarion, 2006.

mardi 23 mai 2017

Jean-Noël Gos, 88 chapitres pour faire de la musique avec des mots

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Un roman onirique, un roman tout en musique. C'est ainsi que l'écrivain genevois Jean-Noël Gos est entré en littérature au début mai avec un premier roman intitulé "L'emporte-Pièce", paru chez Hélice Hélas. Nous avons affaire ici à un auteur touche-à-tout, puisqu'il est également un jeune escrimeur de mérite et un musicien. Forcément, son roman va s'en ressentir: Jean-Noël Gos aime varier les coups, avec des succès divers.


Escrime d'abord: comment ne pas voir dans le duel de violonistes qui se joue en début de roman une manière de croiser le fer? Cela, naturellement à fleurets non mouchetés: la condescendance du vainqueur, Guilero, sera la récompense amère du vaincu, condamné à une errance qui sera l'un des éléments de la trame de "L'emporte-Pièce". Mais venons-en au début de l'intrigue...

... celle-ci s'ouvre sur une belle scène d'adultère. Belle en ce qu'elle met en scène l'affreux violoniste virtuose Guilero, engrossant Emma à la suite d'un pari alors que le mari d'icelle est absent. L'originalité exquise de cette scène au parfum d'opérette, qui occupe la première partie de ce roman qui en compte sept (c'est important) réside dans le fait que ce sont les objets qui tiennent la vedette: la maison se fait belle, les meubles communiquent entre eux, s'érigent même en juges de l'acte survenu entre Guilero et Emma. Dès les premières pages, l'écrivain installe ainsi un univers onirique, qu'il est permis de rapprocher de "L'Ecume des jours" de Boris Vian. D'autant plus que le regard décalé de l'auteur de "L'emporte-Pièce" n'est pas gratuit, mais parfaitement construit.

Musique donc, puisque tel est le fil, voire le câble rouge de ce premier roman. Sept parties comme sept notes de la gamme (ut, ré, mi, fa, sol, la, si) telle que l'a vue Guy d'Arezzo, qui a utilisé une hymne à Saint Jean Baptiste, l'Ut queant laxis, pour nommer le notes de musique: le lecteur entendra résonner ce chant grégorien tout au long du livre, entonné par des boîtes à musique qu'un des personnages, Natan, s'acharne à trouver. Et 88 chapitres, comme les 88 touches d'un piano ordinaire - mettons, un banal Steinway. Et comme les parties sont au nombre de sept, l'auteur les rapproche des péchés capitaux, conçus comme le ferment d'une vraie dramaturgie.

Ces péchés capitaux, chrétiens comme l'est l'hymne à Jean Baptiste, imprègnent et colorent l'intrigue, mais cela n'est avoué qu'en fin de récit, incitant le lecteur à se dire tout d'un coup: "ah oui, il y avait encore ça!". Du péché au chant religieux, le lien est évident, pertinent. Il se traduit par des séquences plus ou moins vivement colorées qui, si elles ne paraissent pas forcément utiles à l'intrigue, s'avèrent fort belles prises isolément. Qu'on se souvienne par exemple de cette "Famme" avide de luxure, décrite en termes flamboyants, poussant l'homme à l'échec sexuel. Qu'on pense à l'avarice, traduite par l'univers régi par le fric, à la Philip K. Dick (façon "Ubik"), de la ville inhumaine de Dustrinia (dirigée par Donald John Ronald McDrump, écrit en majuscules en signe d'orgueil, avec un nom qui suinte le capitalisme). Qu'on songe à la gourmandise, illustrée par Balbadiou (par association sonore, voudrait-on penser Dabalyou Bush, ce président avide de bretzels?), ce bonhomme rond et jovial, figure de Grossbouf débonnaire  et disert qu'on aime jusqu'à ce qu'il finisse par bouffer une fillette famélique en robe bleue.

Justement, la fillette... l'auteur l'utilise comme un personnage récurrent et déstabilisant, qui meurt, ressuscite, se trouve en des états intermédiaires, au gré des circonstances. Est-elle humaine, faut-il la voir comme un esprit, comme une apparition aux moments clés? Ou comme une astuce facile (ah, les enfants...) pour émouvoir le lecteur? On peut se poser la question. Mais à chaque fois, il sera question de boîtes à musique, qu'il faut récupérer, quitte à négocier. Ces négociations auront un goût de chocolat viennois, et là, l'auteur fait mouche en recréant les impressions d'une telle boisson - les moustaches de crème chantilly en tête. Ou le parfum nettement moins suave de la violence faite à l'enfance.

Les mots de "L'emporte-Pièce" construisent au gré des pages une intrigue foutraque, pas forcément taillée au cordeau, faible en somme: on peut légitimement se demander, au terme de "L'emporte-Pièce", ce que l'auteur a voulu raconter. Formellement, la majuscule à "Pièce", dans le titre, s'avère elle-même énigmatique, et le roman ne donne pas de réponse convaincante à ce qui apparaît comme une coquille - corrigée dans l'image de couverture qui illustre le présent billet, mais pas sur et dans l'exemplaire que j'ai eu en main (pages de garde). Mais même si ce premier roman riche et généreux souffre de plus d'une longueur, même si la pertinence de certains longs paragraphes et séquences est loin d'être évidente, le lecteur se rassure, souriant, en considérant que l'écriture sait s'avérer ludique par moments, jonglant avec les mots et les sonorités savoureuses et surprenantes que ceux-ci recèlent.

Jean-Noël Gos, L'emporte-Pièce, Vevey, Hélice Hélas, 2017. Couverture de Lauren Kelly.

Défi Premier roman.

dimanche 21 mai 2017

José Rodriguez dos Santos, parce que notre pape est le dernier... ou pas!

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"L'aspect le plus déconcertant des affaire vaticanes tient probablement au fait que la liste des atteintes du Saint-Siège à l'éthique, à la transparence et à la légalité présentée dans ce roman n'est pas le produit de l'imagination d'un auteur de fiction, mais un simple compte rendu factuel." Voilà pour ce que l'on trouve dans "Vaticanum" de José Rodrigues dos Santos. Si l'on excepte quelques personnages fictifs, en effet, l'auteur de ce vaste roman relève que tout est vrai, références à l'appui. Quelques recherches en ligne suffisent à démontrer qu'on peut faire confiance à l'auteur: cet écrivain portugais sait de quoi il parle, et son intrigue, qui mêle histoire, actualité et superstitions, tient debout. Et il tient un bon sujet: dès qu'il s'agit de construire une intrigue, le Vatican est inépuisable. Dan Brown en sait quelque chose...

... justement, il est tentant de comparer "Vaticanum" à certains romans de Dan Brown, qui se sont penchés sur les arcanes du Saint-Siège; cela, d'autant plus que l'écrivain portugais ne recule pas devant les jeux de piste et les codes secrets. Reste que là où Dan Brown se contente d'appliquer une recette qui finit par lasser, José Rodrigues Dos Santos va nettement plus loin que le minimum syndical.

Il y a une évidence, d'abord, qui ne manquera pas de frapper l'intellect du lecteur: l'écrivain portugais dispose d'un bagage culturel plus et mieux nourri que celui de son confrère américain. Plutôt que de se concentrer dans la petite lucarne des scandales catholiques susceptibles d'émouvoir le monde entier à bon compte, l'auteur de "Vaticanum" mêle des récits érudits mais pas forcément connus (les prophéties de Malachie) et les apparitions de la Vierge Marie à Fatima (ce qui a fait de ce roman une lecture parfaite pour le 13 mai 2017!). Cela, en résonance avec des rumeurs persistantes laissant entendre que l'un des papes actuels, François peut-être – dessiné mais non nommé dans "Vaticanum" – est le dernier de l'ère catholique. Et puis – c'est fort, et cela n'apparaît pas du tout dans le "Da Vinci Code" – l'érudition des personnages de "Vaticanum" qui mènent l'enquête, qui pourrait paraître aride même si l'auteur sait parfaitement montrer les différents aspects de la science, est contrebalancée par la représentation de la ferveur religieuse d'un peuple qui pourrait perdre son père spirituel. Et aussi par l'humanité pour le moins fleurie de l'inspecteur Trodela, caractérisé par son langage pas très châtié... et savoureux par conséquent.

"Vaticanum" est une intrigue pour le personnage de Tomàs Noronha, chercheur rationnel placé face aux mystères de la religion. L'écrivain s'y entend à merveille pour confronter l'approche cartésienne, scientifique, de Tomàs Noronha et la possibilité d'une approche religieuse, fondée sur la foi plus que sur le savoir. L'écrivain va plus loin: en mettant en scène une consultante française catholique, Catherine, il donne un troisième regard sur les scandales de l'église catholique. Regard biaisé à plus d'un titre, entre religion catholique et impératif de transparence, donc regard captivant... Et pour lui donner un regard croustillant, l'auteur va jusqu'à mettre en scène le personnage du policier Trodela, caractérisé par son langage fleuri. 

La consultante Catherine, quant à elle, ouvre la porte sur les scandales financiers qui font le lit de "Vaticanum". Quitte à paraître pesant, surtout au début de son roman, l'écrivain montre les dessous peu reluisant de la banque du Vatican. Et comme indiqué plus haut, l'auteur se fait fort de monter son intrigue sur des choses réelles. Le lecteur peut s'en convaincre sans peine: Google permet facilement de montrer le parcours du mafieux Michele Sindona, de Mgr Paul Marcinkus et de quelques autres. Et en définitive, ce seront des terroristes islamistes qui vont, dirait-on, accomplir ce à quoi tout le monde croit. Mais qui les commande?

On dirait que chaque époque fantasme sur son propre pape, vu comme le dernier de son espèce. Les lecteurs se souviennent peut-être, sur le même thème, du "Dernier pape", roman génial et fouillé, visionnaire à plus d'un titre, de Jacques Véraldi et Gérard Paternot. José Rodriguez Dos Santos reprend ce motif de l'ultime pape, à une génération de distance, en mêlant les scandales réels qui couvent, à l'abri des archives, et les superstitions qu'on suggère aux visiteurs du Vatican, cette citadelle aux pouvoirs cachés et puissants qui se niche au coeur de Rome. Et de rebondissement en rebondissement, d'un cliffhanger à un autre, il amène son lecteur captivé jusqu'au bout du roman.


José Rodriguez dos Santos, Vaticanum, Paris, Editions Hervé Chopin, 2017, traduction du portugais par Adelino Pereira.



Livres cités dans l'article:

Dan Brown, Da Vinci Code, Paris, Le Livre de Poche, 2014.
Gabriel Véraldi et Jacques Paternot, Le dernier pape, Lausanne, L'Age d'Homme, 2000.

Dimanche poétique 302: Louis Ménard

Idée de Celsmoon.


L'athlète

Je suis initié, je connais le mystère
De la vie : une arène où l'immortalité
Est le prix de la lutte, et je m'y suis jeté
Librement, voulant naître et vivre sur la terre.

Les héros demi-dieux ont souffert et lutté
Pour conquérir au ciel leur place héréditaire :
Que la lutte virile et la douleur austère
Trempent comme l'airain ma libre volonté.

Suivons sans peur le cours de nos métempsycoses,
Et de l'ascension montons le dur chemin,
Sous les yeux de nos morts qui nous tendent la main.

Ils recevront, du haut de leurs apothéoses,
Dans l'olympe étoilé conquis par leur vertu,
L'âme qui combattra comme ils ont combattu.

Louis Ménard (1822-1901), Rêveries d'un païen mystique. Source: Poésie.webnet.

vendredi 19 mai 2017

Défi Premier roman: l'AJAR s'invite chez Pativore

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Pour le désormais fameux Défi Premier roman, l'équipe suisse fameuse de l'AJAR (association des jeunes auteurs romands) propose en 2017 son premier roman, écrit à vingt-six plumes, qui flirte en bon funambule entre le réel que nous connaissons et l'imaginaire. C'est PatiVore qui en parle. Voici son billet:



L'AJAR, Vivre près des tilleuls, Paris, Flammarion, 2016.

Merci à PatiVore pour cette parenthèse helvétique qui fleure bon les arbres! Une parenthèse qui a été remarquée. A vous de jouer: je vous invite chaleureusement a voter pour le camp qui vous semble le meilleur.